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Split-Line-Crit: Clo’e Floirat

Catalogue essay for the solo exhibition at Colette Artspace, Paris which ran June – September 2012.

“Designer, ex-

Illustrator, no –

Artist, perhaps –

Critic, certainly – ”

From the tip of Clo’e’s pen comes not only a line in vision but a line in thought.

It is often upheld that the art of drawing is a matter of acquiring a stance; whether that be a technical exactitude, a doodled indolence, or a physical expressiveness.  Drawing does not relate a fixed reality in a given moment, but records the unfolding of an event, delineating the points of contact between the moving hand, the intuitive eye, and the impassive piece of paper.  It is in the playful drawings of Clo’e Floirat, however, that such an encounter – typical of the draftsman – is thrown wide open.  Split-Line-Crit: she merges both word and image to design her ‘critical drawings.’  Using the same tool for two modes of expression, the pen both to write and to draw, hers is a uniquely nibbed criticism.

Here considered as separate sequences of critical concern are Clo’e’s reflections on five discrete themes; observational appraisals of Monumenta at the Grand Palais, keen vivisections of the Berlin design scene, satirical prods at London’s recent Olympic architecture, pensive speculations on the iconoclasm of the ‘Empty-Quarter-Museum’ architecture in the UAE, and furtive glances at the spectacular architecture that daily pops into existence. While she may critique, taking both the aesthetic and conceptual elements of architecture and installation to task, there is a sensitivity in her slight use of line.  Deployed with a concrete lyricism, both word and image form discretely penned condensations of thought.   Clo’e’s drawings are never one-sided; drawing, by its very nature, always maintains some relation to the provisional and unfinished, and as such belies its many multiple marked possibilities.  Each drawing is therefore a moment of movement in meaning, equally at home in the temporal print of the newspaper as elegantly framed within their series.

Line is vital to Clo’e’s ‘critical drawings.’  It may be lucid, firmly inked in bold black pen, but her critical eye is always cast askance. She does not draw to acquire a ‘stance,’ but she draws to adopt a line of inquiry.  Her lines are tentative and precise, incrementally angled to better understand the form set before her, and her handwritten captions are as pithy as their imagistic counterparts; Kapoor’s controversial ‘Orbit Tower’ becomes an ‘Awful-Tower’ of tangled Eiffel Tower proportions, the arcs of Bernar Venet’s Versailles installation form mischievous ‘parenthèses,’ the Operahuset in Oslo becomes an iceberg play-park for penguins.  This is the critical game at work in Clo’e’s drawings; she wits the sovereignty of the spectacle.

Clo’e began her rigorous training in New York, fleetingly leaving France to then attend the design academies of Reims and Eindhoven, Netherlands. Following those six years, suffering an ‘overdose of objects,’ she changed direction with several ‘exploratory’ periods of discovery, traveling to Ethiopia, Mongolia and the Middle East, as well as across America on the trail of the elusive vestiges of Land Art. This led her to the stark spaces of Berlin, working with architects specializing in art spaces. From working with Robert Wilson in New York, a constant summer sojourn throughout, her interests have recently culminated in her graduation from the new course in Critical Writing in Art and Design at the Royal College of Art, London.

By Natalie Ferris

“Designer, ex…
Illustratrice, non…
Artiste, pourquoi pas…
Critique, sans aucun doute.”

La pointe de la plume de Clo’e révèle une ligne de vision mais également une ligne de l’esprit.

L’art du dessin réside dans une prise de position, soutient-on fréquemment, qu’elle s’exprime par le biais d’une exactitude technique, d’un gribouillage paresseux, ou d’une expressivité matérielle. Car le dessin ne relate pas une réalité figée à un instant donné ; il chronique le déroulement d’un événement, en délinéant les points de contact entre la main mobile, le regard intuitif, et la feuille de papier imperturbable. Cette rencontre, propre au dessinateur, vole pourtant en éclats dans les croquis espiègles de Clo’e Floirat. Split-Line-Crit, ligne brisée critique : Clo’e fusionne le mot et l’illustration pour concevoir ses « dessins critiques ». En utilisant le même outil pour deux modes d’expression différents, la plume, pour tout à la fois écrire et dessiner, sa critique en devient exceptionnellement acérée.

Clo’e nous livre sa réflexion sur cinq thèmes distincts, qui sont à prendre comme des séquences séparées d’une préoccupation critique : des observations évaluatives du Monumenta au Grand Palais, des vivisections incisives sur le monde du design à Berlin, des piques satiriques sur la récente architecture olympique à Londres, des conjectures méditatives sur l’iconoclasme de l’architecture « Empty-Quarter-Museum » des Émirats arabes unis, et de furtifs coups d’œil à l’architecture spectaculaire qui surgit dans la vie quotidienne. Certes, Clo’e juge, s’attaquant à la fois aux éléments esthétiques et conceptuels de l’architecture et de son déploiement ; cependant, une grande sensibilité se révèle dans son usage parcimonieux de la ligne. Le mot et l’image, tous deux déployés avec un lyrisme concret, esquissent des condensations de la pensée, prudemment couchées sur papier. Jamais les croquis de Clo’e ne sont partiaux ; le dessin, de par sa nature même, maintient toujours une liaison avec le provisoire et l’inachevé, et contredit ainsi ses nombreuses significations déjà tracées. Chaque croquis est ainsi un instantané de l’essence du mouvement, trouvant sa place autant dans la fugacité du journal quotidien qu’encadré avec élégance parmi ses semblables.

La ligne a une importance vitale dans les « dessins critiques » de Clo’e. Cette ligne peut être lucide, grâce à d’épais traits noirs fermement encrés, mais son regard critique est, lui, toujours plus oblique. Car Clo’e ne dessine pas pour prendre position, elle dessine pour se fixer un axe d’enquête. Ses traits sont provisoires et précis, s’inclinant graduellement afin de mieux appréhender la structure qui lui fait face, tandis que ses légendes manuscrites se font aussi mordantes que leurs homologues imagés : la très controversée Orbit Tower d’Anish Kapoor devient une Tour-des-Horreurs, à la manière d’une tour Eiffel entortillée et monumentale, les arcs de Bernar Venet à Versailles forment des « parenthèses » malicieuses, tandis que l’Operahuset d’Oslo se métamorphose en un iceberg servant de patinoire pour manchots. C’est là tout le jeu critique des croquis de Clo’e : ils interrogent avec perspicacité le statutaire du spectacle.

Après une année d’initiation à l’architecture aux Etats-Unis, Clo’e refait un bref passage en France via l’ESAD de Reims avant d’intégrer le IM Master à la Design Academy de Eindhoven aux Pays-Bas. Après ces six années, subissant une « overdose d’objets », elle décide de bifurquer par le biais de plusieurs périodes « exploratoires », voyageant en Éthiopie, en Mongolie et au Moyen-Orient, parcourant également l’Amérique pour suivre la trace des insaisissables vestiges du Land Art. Cela la mène aux espaces bruts de Berlin, où elle travaille avec des architectes spécialisés dans la conception d’espaces d’art. Alors qu’elle poursuit sa collaboration avec Robert Wilson à New York depuis plusieurs étés, son parcours a récemment été couronné d’un diplôme de Critical Writing in Art and Design nouvellement créé au Royal College of Art à Londres.

Par Natalie Ferris
Traduction Laurence Bekk-Day

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